( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Le constructeur automobile Stellantis a confirmé jeudi son retour aux bénéfices au deuxième trimestre, après les lourdes pertes de 2025, mais les progrès moins nets qu'attendu n'ont pas convaincu les investisseurs.
Le groupe aux 14 marques (dont Fiat, Opel, Peugeot et Jeep) a dégagé un bénéfice net de 293 millions d'euros sur la période d'avril à juin, après une perte de 1,9 milliard d'euros un an plus tôt.
Malgré ce deuxième trimestre consécutif dans le vert, le bénéfice opérationnel ajusté (hors éléments exceptionnels), qui a plus que triplé en un an, à 773 millions d'euros, reste inférieur aux attentes des analystes de Jefferies.
Le titre du groupe américano-franco-italien cédait 5,33% vers 14H00, dans un marché parisien en hausse de 1%.
A 43,5 milliards d'euros, le chiffre d'affaires de Stellantis est lui légèrement supérieur aux attentes des analystes interrogés par FactSet.
"Nous restons confiants dans notre capacité à atteindre nos objectifs financiers 2026", déclare le directeur général du groupe, Antonio Filosa, cité dans le communiqué.
Un an après son arrivée aux commandes de Stellantis, le dirigeant a annoncé en mai un plan stratégique pour redresser la barre après les pertes colossales de 2025. Rompant avec l'approche de son prédécesseur Carlos Tavares, qui misait surtout sur la rentabilité, il veut redresser les volumes de vente et regagner des parts de marché, en améliorant la compétitivité du groupe et la qualité des produits et grâce au lancement de nouveaux modèles.
"Ce plan que nous appliquons va relever l'ensemble des principaux défis auxquels Stellantis est confronté aujourd'hui", a déclaré M. Filosa lors d'une visioconférence de presse.
"Nous avons besoin de temps, mais ce critère est déjà intégré" dans le plan, a-t-il ajouté.
Rebond américain, l'Europe toujours à la traîne
La marge opérationnelle industrielle, reflet de la rentabilité de la production, a atteint 1,8% au deuxième trimestre (contre 0,6% un an plus tôt et 2,5% au premier trimestre).
Elle est restée négative (-0,6%) à l'échelle de l'Europe (Union européenne, Norvège, Royaume-Uni et Suisse), malgré son amélioration.
Confronté comme ses concurrents à la forte concurrence chinoise sur le marché européen, aux surcapacités générales en Europe et en Asie, à un contexte inflationniste et à un marché mondial morose, Stellantis a aussi été pénalisé par des rappels mondiaux massifs de véhicules hybrides pour risque d'incendie ces derniers mois.
Au deuxième trimestre, le groupe évoque des ventes en "progrès sur les principaux marchés", mais les analystes de Capital Markets tempèrent ce constat dans une note en évoquant des "stocks élevés chez les concessionnaires, en particulier aux Etats-Unis".
Stellantis a vu sa part de marché augmenter à 7,4% en Amérique du Nord, ses ventes ayant progressé aux Etats-Unis, à rebours d'un marché en recul.
A l'échelle européenne, les ventes ont progressé de 3%, voire 7% en incluant son partenaire chinois Leapmotor, dont il distribue les modèles à l'international.
En Amérique du Sud, les ventes ont baissé de 2%. Elles ont reculé de 6% au Moyen-Orient et en Afrique et ont chuté de 29% en Asie-Pacifique.
Globalement, le groupe estime que l'impact net des droits de douane sera compris entre 1 et 1,2 milliard d'euros cette année et souligne que ses prévisions tiennent compte d'"environ 2 milliards d'euros de paiements +cash+ liés aux charges exceptionnelles du second semestre 2025, dont 0,9 milliard d'euros ont été payés au premier semestre 2026".
En tenant compte de ces éléments, Stellantis confirme viser une amélioration de son chiffre d'affaires et un retour à une marge opérationnelle industrielle ajustée légèrement positive en 2026.
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